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Impayés & assurance

Mise en demeure de payer un loyer : modèle et délais

La mise en demeure formalise juridiquement votre demande et fait courir les intérêts de retard. Voici le modèle, le bon moment pour l'envoyer, et ce qu'elle change concrètement.

Publié le 20 octobre 2026 · 4 min de lecture

Entre la relance amiable et une éventuelle procédure judiciaire, la mise en demeure de payer occupe une place précise : elle transforme une demande informelle en acte juridique, avec des effets concrets sur les intérêts de retard et sur la suite de la procédure si l'impayé persiste.

Ce que change juridiquement une mise en demeure

Contrairement à une simple relance, la mise en demeure fait courir les intérêts moratoires sur la somme due, si le bail ou la loi le prévoit. Elle constitue surtout une pièce indispensable pour toute suite ultérieure : déclaration à une assurance loyers impayés qui l'exige, ou engagement d'une procédure de résiliation du bail en présence d'une clause résolutoire.

Le modèle

LETTRE RECOMMANDÉE AVEC ACCUSÉ DE RÉCEPTION

Objet : mise en demeure de payer

Madame, Monsieur,

Malgré mon courrier de relance du [date], je constate que le loyer et les charges du logement situé [adresse], d'un montant total de [montant] €, restent impayés à ce jour au titre du (des) mois de [mois concerné(s)].

Je vous mets en demeure de régulariser cette somme dans un délai de huit jours à compter de la réception de la présente, faute de quoi je me réserve le droit d'engager toute procédure utile au recouvrement de ma créance, y compris, le cas échéant, la mise en œuvre de la clause résolutoire prévue au contrat de location.

Cette lettre vaut mise en demeure au sens de l'article 1344 du Code civil.

Cordialement, [Nom, date, signature]

Quand l'envoyer : après la relance, jamais avant

Une mise en demeure envoyée en tout premier recours, sans relance amiable préalable, reste juridiquement valable mais tactiquement maladroite : elle escalade immédiatement un conflit qui aurait parfois pu se résoudre simplement, et elle peut compliquer, plutôt que faciliter, un accord amiable ultérieur. Le bon moment se situe généralement une à deux semaines après une relance restée sans réponse ni régularisation, voir notre guide sur la marche à suivre face à un loyer impayé pour le calendrier complet.

L'envoi en recommandé n'est pas optionnel

Contrairement à la relance simple, la mise en demeure doit systématiquement être envoyée en lettre recommandée avec accusé de réception. C'est cette preuve d'envoi et de réception qui donnera date certaine à la démarche, condition indispensable pour faire courir un délai de deux mois avant commandement de payer, ou pour justifier une déclaration de sinistre auprès de votre assurance. Un envoi par simple courrier ou e-mail, même avec un contenu identique, n'a pas la même valeur probante.

Ce qu'elle doit obligatoirement contenir

Le montant exact réclamé, décomposé si possible entre loyer et charges. Les mois concernés, avec leurs dates d'exigibilité. Un délai raisonnable de régularisation, huit jours est la pratique la plus courante. Et la mention explicite qu'il s'agit d'une mise en demeure, formule qui déclenche ses effets juridiques propres.

Un exemple avec plusieurs mois cumulés

Sur un impayé de deux mois consécutifs (780 € pour le premier, 780 € pour le second, soit 1 560 € au total) la mise en demeure doit détailler chaque échéance séparément plutôt que de mentionner un montant global. Cette décomposition facilite la vérification par le locataire, et constitue déjà une ébauche du décompte de dette locative qui pourra être exigé à l'étape suivante.

Que faire si la mise en demeure reste, elle aussi, sans effet

Si le délai de huit jours s'écoule sans régularisation, deux voies se dessinent selon votre situation. Si vous êtes couvert par une assurance loyers impayés, c'est le moment de vérifier votre délai de déclaration avec notre calculateur GLI et de constituer votre dossier. Si votre bail comporte une clause résolutoire, l'étape suivante est le commandement de payer délivré par commissaire de justice, détaillé dans notre guide sur le commandement de payer et la clause résolutoire.

Une mise en demeure ne garantit jamais un paiement immédiat

Beaucoup de bailleurs espèrent qu'une mise en demeure, par son formalisme, produira un effet immédiat sur un locataire jusque-là silencieux. Dans les faits, une partie non négligeable des locataires ne réagit qu'à l'étape suivante, celle du commissaire de justice. La mise en demeure reste malgré tout indispensable : sans elle, aucune étape ultérieure ne peut être valablement engagée, quelle que soit l'ancienneté réelle de l'impayé.

Conserver systématiquement l'accusé de réception

L'accusé de réception signé, ou le justificatif de distribution en l'absence de signature, doit être conservé avec le double du courrier envoyé. C'est cette pièce, bien plus que le contenu du courrier lui-même, qui sera examinée en priorité en cas de contestation ultérieure sur la régularité de la procédure suivie.

Ce calcul, vous ne devriez pas avoir à le refaire chaque année.

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